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Flibustiers, les pionniers de l’expansionnisme étasunien

Avant les traités, avant le droit, avant les drapeaux, il y eut des hommes armés agissant hors-la-loi au nom de l’expansion des États-Unis.

Comprendre le présent à la lumière du passé

Les flibustiers et autres violateurs des lois de neutralité américaines jouèrent un rôle crucial dans l’expansion des États-Unis. (…) La poussée finale réalisée par le gouvernement avait été amorcée des années auparavant par des avant-gardes individuelles et collectives de la Destinée manifeste. Rosalind Zichek [1]

Pour comprendre ce qui se joue aujourd’hui dans la politique extérieure des États-Unis y compris sous des figures comme Donald Trump, il convient de rappeler certaines continuités historiques. Parce que le vol de bateaux, l’enlèvement de dirigeants étrangers, les assassinats ciblés, les opérations clandestines en Amérique latine ou ailleurs ne relèvent pas de caprices d’un pouvoir imprévisible, ils s’inscrivent dans une tradition impériale ancienne, structurée et rationalisée.

Dans ce cadre, la figure du flibustier apparaît comme un ancêtre direct des interventions illégales contemporaines : une violence exercée en amont du droit, produisant des faits accomplis que l’État se charge ensuite de légaliser. Trump n’invente rien ; il exhibe et radicalise une logique ancienne : déléguer la coercition, tester les rapports de force, puis institutionnaliser ce qui a réussi.

Qui étaient les flibustiers ?

Les flibustiers étaient des groupes armés privés, composés majoritairement de citoyens étasuniens, qui menaient des expéditions militaires illégales contre des États étrangers. Sans autorisation officielle, ils attaquaient des territoires, renversaient des gouvernements, semaient le chaos et imposaient des réalités politiques nouvelles par la force.

Une violence hors-la-loi mais politiquement utile

Comme l’explique l’historienne Rosalind Zichek, ces violences précédaient souvent l’action de l’État : une fois les conquêtes réalisées par ces aventuriers armés, le gouvernement des États-Unis intervenait pour les légaliser par des traités, des annexions ou des reconnaissances diplomatiques. Les flibustiers se percevaient comme les avant-gardes de la Destinée manifeste, convaincus que l’expansion des États-Unis constituait une mission naturelle, voire divine.

Source: americanyawp.com

Cette logique – violence privée d’abord, reconnaissance officielle ensuite – forme l’un des fondements durables de l’impérialisme étasunien

Le Texas et le Canada : deux laboratoires de l’action des flibustiers nord-américains

Le Texas : un succès des flibustiers

La révolution texane (1835-1836) constitue l’un des premiers exemples majeurs de flibustiers couronnés de succès. Initialement, un soulèvement contre la souveraineté mexicaine mené par des colons anglo-américains et certains Tejanos, le conflit change rapidement d’échelle. Dès que l’insurrection est connue aux États-Unis, des compagnies militaires privées affluent vers le Texas.

Robert E. May décrit cet épisode comme l’action des flibustiers la plus aboutie d’avant la guerre de Sécession [2]. Après octobre 1835, plus des trois quarts des combattants texans provenaient des États-Unis. Une fois la victoire acquise, l’État fédéral intervint pour entériner le fait accompli par l’annexion.

Le Canada : une expédition de flibustiers neutralisée

Lors des soulèvements patriotes au Canada (1837-1838), des flibustiers tentèrent une opération similaire. Des révolutionnaires canadiens réfugiés aux États-Unis recrutèrent des volontaires attirés par des promesses de terres et de récompenses. Depuis le territoire américain, William Lyon Mackenzie proclama même un gouvernement provisoire du Haut-Canada et diffusa une proclamation promettant liberté religieuse, démocratie politique et progrès économique, tout en offrant trois cents acres de terre aux volontaires étasuniens et canadiens.

Mais, cette fois, ces initiatives se heurtèrent rapidement à l’intervention directe de l’État fédéral. Soucieux d’éviter une confrontation avec la Grande-Bretagne, une puissance bien plus redoutable que le Mexique, le président Martin Van Buren condamna publiquement les expéditions, mobilisa l’appareil judiciaire et douanier, et dépêcha le général Winfield Scott pour pacifier la frontière.

L’échec canadien met en lumière une constante relevée par Robert E. May : la violence exercée par des acteurs privés est tolérée, voire encouragée, tant qu’elle sert les intérêts stratégiques des États-Unis et demeure diplomatiquement maîtrisable. Dès qu’elle menace l’ordre international ou risque d’entraîner Washington dans un conflit majeur, l’État intervient pour la neutraliser.

L’expansionnisme sudiste et la quête de nouveaux territoires esclavagistes

Pour les élites sudistes, les succès de l’achat de la Louisiane à l’annexion du Texas avaient démontré que l’intégration de nouveaux espaces permettait de préserver l’équilibre entre États esclavagistes et États libres.

Favorables à l’agrandissement du territoire, les élites sudistes radicalisèrent cette logique dans les années 1850, soutenues par des flibustiers, de riches planteurs et des magnats. L’expansion se projeta alors vers les Caraïbes et l’Amérique centrale, où Cuba, encore sous domination espagnole, devint un enjeu stratégique majeur, tant pour l’extension de l’esclavage que pour renforcer le pouvoir politique du Sud [3].

L’annexion éventuelle de Cuba devenait un thème central du débat politique et médiatique aux États-Unis au milieu du XIXᵉ siècle. Cette orientation fut formulée de manière explicite dans l’Ostend Doctrine, rédigée en 1854 et rendue publique en 1856 [4]. Ce document affirmait:

Cuba est aussi nécessaire à la république nord-américaine que n’importe lequel de ses États membres actuels. SI les États-Unis décidaient que leur sécurité exigeait la possession de l’île, et que l’Espagne persistait à refuser de la vendre, alors en vertu de toute loi, humaine et divine, nous serions justifiés de l’arracher à l’Espagne [5].

Source: https://www.loc.gov/item/2003656587/

Flibustiers et intérêts privés : instruments de l’expansion sudiste

Cette logique d’expansion, expérimentée au Texas et projetée vers Cuba, fit des flibustiers le bras armé d’un impérialisme officieux. Non officiellement soutenues par Washington, leurs expéditions s’appuyaient sur des alliances tacites avec de puissants intérêts économiques.

Des figures comme William Walker, actif en Amérique centrale dans les années 1850, agissaient en lien étroit avec des magnats tels que Cornelius Vanderbilt. À la frontière entre initiative privée et impérialisme national, ces entreprises armées constituent une forme précoce de l’expansion étatsunienne.

Dans Tycoon’s War, l’historien Stephen Dando-Collins met en lumière l’alliance entre William Walker et des magnats tels que Cornelius Vanderbilt, illustrant les liens structurels entre expansion territoriale, violence privée et capitalisme étasunien [6].

Le flibustier Walker est souvent décrit comme l’archétype de l’acteur privé impérial selon les historiens : un aventurier armé et idéologiquement motivé, opérant hors du cadre officiel mais servant les intérêts stratégiques des États-Unis. Un siècle plus tard, les Contras nicaraguayens jouèrent un rôle analogue : forces paramilitaires financées et entraînées par Washington pour déstabiliser un gouvernement jugé hostile, tout en offrant aux États-Unis la façade du déni et de la non-implication directe.

William Walker : un prototype impérial

Aventurier et partisan déclaré de l’esclavage, Walker mena plusieurs expéditions en Amérique centrale dans les années 1850. Il adhérait pleinement à la doctrine de la Destinée manifeste, selon laquelle les États-Unis avaient une mission quasi providentielle : étendre leur civilisation, leurs institutions et leur modèle économique à l’ensemble du continent. Cette idéologie, radicale et ouvertement pro-esclavagiste, le convainquait que l’abolitionnisme menaçait l’avenir du Sud et que celui-ci ne pourrait être préservé qu’en dépassant les limites territoriales existantes.

Se présentant comme le sauveur de nations jugées incapables de se gouverner elles-mêmes, Walker décrivait les populations nicaraguayennes comme politiquement immatures, incompétentes et inaptes à maintenir l’ordre et la stabilité[7].

Cette rhétorique « civilisatrice » servait à légitimer l’intervention armée de Walker et de son armée de flibustiers, présentés comme porteurs de progrès et de civilisation. Aujourd’hui, un écho similaire se retrouve dans certaines justifications d’ingérence étatsunienne, lorsque des responsables invoquent la nécessité d’instaurer « l’ordre » ou de neutraliser des menaces pour légitimer des actions militaires ou politiques à l’étranger, comme au Venezuela.

Source: www.radiofrance.fr

Flibustiers et intérêts économiques

Walker et Vanderbilt : capital et violence

Cornelius Vanderbilt, un des premiers milliardaires de l’histoire des États-Unis, contrôlait des routes maritimes et ferroviaires stratégiques. La route transisthmique du Nicaragua, cruciale pendant la ruée vers l’or, représentait un enjeu économique majeur [8].

En 1848, la Grande-Bretagne s’empare de San Juan del Norte et obtient des droits sur les Miskitos, aggravant les tensions régionales. Pour contrer cette influence, le Nicaragua conclut le 26 août 1849 un contrat avec Cornelius Vanderbilt : son Accessory Transit Company obtient l’exclusivité d’un canal transisthmique et du transit vers la Californie, approuvée par le Congrès nicaraguayen[9].

S’appuyant sur ce contexte économique et les ambitions stratégiques de Vanderbilt, Walker put mobiliser ses forces et lancer son expédition au Nicaragua, transformant les intérêts financiers en action militaire directe.

En mai 1855, Walker et cinquante-huit hommes embarquèrent pour le Nicaragua. Il recruta plusieurs mercenaires expérimentés, dont le cavalier prussien Bruno von Natzmer et Charles Frederick Henningsen, vétéran des combats en Espagne, en Hongrie et en Russie. Avec ses troupes, Walker s’empara de Granada, mettant en œuvre un plan visant à placer l’ensemble de l’Amérique centrale sous contrôle étatsunien [10].

William Walker, flibustier et président

En 1856, William Walker s’autoproclama président et le président des États-Unis, Franklin Pierce, reconnut officiellement la dictature instaurée au Nicaragua[11]. Walker légalisa l’esclavage au Nicaragua, où il était interdit depuis trente ans, afin de s’assurer le soutien du Sud, et rétablit également la traite négrière. Le flibustier veut transformer le Nicaragua en un futur État esclavagiste intégré à l’Union américaine, consolidant ainsi l’expansion du Sud esclavagiste hors des frontières des États-Unis.

« Des centaines, voire des milliers, de ces flibustiers déferlèrent sur l’Amérique centrale, participant à divers conflits. Walker devint du jour au lendemain une célébrité médiatique à travers tous les États-Unis. Selon le journal virginien The Spirit of Jefferson, Walker était « l’emblème de la liberté rationnelle, et montrait de son épée la voie du progrès et de la prospérité » [12].

Mais, Walker ne se limitait pas au Nicaragua : son ambition était d’étendre un empire esclavagiste étatsunien à l’ensemble de l’Amérique centrale, avec le Costa Rica parmi ses prochaines cibles. Le président costaricien Juan Rafael Mora Porras comprit rapidement que, sans intervention, son pays serait le suivant à subir l’invasion.

Flibustiers : quand l’allié devient un obstacle

En pleine ruée vers l’or, Walker et Vanderbilt partageaient des intérêts: Vanderbilt cherchait à contrôler la route transnicaraguayenne vers la Californie. Pour réaliser ce projet, il avait besoin de la stabilité politique du Nicaragua et donc de la collaboration de Walker, dans le but de faire fructifier sa compagnie maritime à vapeur.

Mais, cette alliance de circonstance se brisa lorsque les hommes de Walker s’emparèrent de la compagnie maritime appartenant à Vanderbilt. Le pouvoir du flibustier provoqua alors la colère du magnat, qui projetait également de construire des lignes ferroviaires et un canal dans la région. Furieux, Vanderbilt finança des forces rebelles au Costa Rica pour renverser Walker et exerça des pressions sur l’administration Pierce afin qu’elle utilise la marine étatsunienne pour contraindre le flibustier à capituler.

William Walker et la rupture avec Vanderbilt

Soutenu par le président Buchanan, Vanderbilt provoqua finalement la chute de Walker. Privé de ses routes commerciales et abandonné par ses alliés, le flibustier dut se rendre et retourner aux États-Unis.

En 1859, il tenta une dernière expédition au Honduras à la demande de colons britanniques de Roatán, mais fut capturé par les forces britanniques et remis aux autorités honduriennes. William Walker fut exécuté peu après.

Cette rupture illustre une règle constante de l’expansion étasunienne : lorsqu’un acteur privé cesse de servir les intérêts économiques ou stratégiques qu’il a contribué à promouvoir, il perd sa protection et devient indésirable. Walker n’était plus un instrument utile pour ses soutiens ; il devint un obstacle à éliminer.

Flibustiers et empire : la violence avant l’État

L’histoire des flibustiers, incarnée notamment par William Walker, montre que l’expansion des États-Unis ne s’est pas opérée uniquement par des canaux officiels. Des acteurs privés ont fréquemment préparé le terrain par la force, avant que l’État n’intervienne pour encadrer, légitimer ou entériner les conquêtes réalisées.

L’opinion publique était profondément divisée : certains Sudistes voyaient dans ces expéditions une manière de diffuser civilisation et commerce, tandis que le Nord dénonçait une violence illégitime et contraire aux idéaux démocratiques [13].

Une logique récurrente de l’expansion étasunienne

Comme l’a montré Greg Grandin:  » L’Amérique latine a été un laboratoire de l’expansion militaire et du soft power étatsunien. Loin d’être simplement « l’arrière-cour » des États-Unis, comme on l’a souvent dit, la région a servi comme un terrain d’entraînement où les États-Unis pouvaient se recentrer en période de repli, où des coalitions gouvernantes montantes pouvaient expérimenter de nouvelles tactiques et de nouvelles visions du monde » [14].

Flibustiers, capitaux et pouvoir

Malgré l’échec final de certaines expéditions, les filibustiers des années 1854-1857 illustrent la convergence entre intérêts privés et ambitions étatiques visant à étendre l’influence étasunienne dans les Caraïbes et en Amérique centrale. Des opérations médiatisées – Quitman à Cuba, Walker au Nicaragua, ou le contrôle des routes transisthmiques du Tehuantepec et du Panama – furent soutenues par des entreprises, des banques et des figures politiques comme le président James Buchanan ou l’ambassadeur Pierre Soulé.

Cependant, les rivalités entre ces acteurs politiques, économiques et flibustiers expliquent en partie l’échec de ces entreprises. Mais, au Nicaragua, Walker incarna pleinement le flibustier : rapide et déterminé, il transforma des gains militaires temporaires en faits politiques et devint un symbole de l’expansion étasunienne dans la région.

Comme le souligne Richard Slotkin dans The Fatal Environment [15]: Walker fut perçu par les expansionnistes étasuniens comme une version caribéenne du pionnier de l’Ouest, déplaçant des populations latino-américaines jugées arriérées au nom du progrès, à l’image de la dépossession des tribus indiennes par les colons étasuniens.

Des flibustiers du XIXᵉ siècle aux interventions contemporaines : héritages de l’impérialisme américain 

L’expérience des flibustiers incarnée par William Walker au Nicaragua (1855-1857), figure exemplaire de la Destinée manifeste, révèle comment violence armée, coercition politique et manipulation juridique ont servi à imposer les intérêts étasuniens à l’étranger. Autoproclamé président à la suite d’une invasion privée, Walker préfigure une expansion par procuration : milices financées par des planteurs sudistes, discours de « civilisation » opposé aux « races latines », puis ratification a posteriori par Washington malgré l’illégalité initiale.

Ces pratiques éclairent des constantes de la politique extérieure étasunienne contemporaine : menaces unilatérales, pressions diplomatiques, sanctions économiques et ingérences dans des pays comme Cuba, le Mexique ou la Colombie, ainsi que dans des zones stratégiques telles que l’Arctique. L’intervention au Venezuela, blocus pétrolier, frappes ciblées et enlèvement d’un dirigeant politique en 2026 prolongent cette logique héritée des flibustiers : une coercition initiée en amont (proxies régionaux, présence militaire accrue), puis légitimée a posteriori par une « doctrine Donroe » [16], extension musclée de Monroe visant à exclure la Russie et la Chine de l’hémisphère.

Source: time.com

Si les méthodes évoluent – des caravelles aux drones, des milices aux sanctions – la logique impériale continue : sécuriser les ressources, maintenir la domination hémisphérique sans occupation durable, et contourner alliés et normes internationales. Comprendre Walker permet ainsi de saisir comment l’aventurisme privé d’hier s’est mué en coercition étatique hybride aujourd’hui.

Une continuité critique : au-delà des institutions

Malgré les ruptures (guerre de Sécession, 1898), l’expansionnisme US repose sur des invariants flibustiers : acteurs hybrides (privés/étatiques), rhétorique de « destinée » – conviction que les États-Unis sont appelés à dominer et façonner le monde- , doctrine sécuritaire et zones grises « légales », où le droit est interprété ou contourné pour servir les intérêts impériaux.

Trump n’invente rien : il nous montre de manière brutale la réalité d’une posture pionnière des États-Unis, où l’aventurisme privé des flibustiers finit par être légalisé et institutionnalisé. Cela éclaire les dynamiques impérialistes persistantes, des Caraïbes coloniales aux hémisphères disputés d’aujourd’hui [17].

Source: The Conversation

    Les résistances face à la violence impériale 

    L’impérialisme des États-Unis, avec ses méthodes flibustières, mafieuses ou hors-la-loi, rencontre toujours de la résistance. Les sociétés ciblées se défendent, souvent au prix de lourds sacrifices. Loin d’être passives, ces résistances montrent que l’histoire n’est jamais écrite d’avance. Lorsque l’empire persiste dans ses méthodes coercitives et violentes, en ignorant les transformations du monde contemporain, il expose le monde à des crises majeures.


    Face à ce danger, la détermination des peuples à défendre leur souveraineté, leur dignité et leur autonomie politique, renforcée par la solidarité entre États et communautés, constitue une force capable de limiter la violence et d’ouvrir la voie à de véritables changements historiques.

    Références

    [1] The Advance Guard of Manifest destinity: filibusters and violators of American neutrality in Texas 1800-1845. Rosalind Zicheck. Universtity Of New Mexique. Albuquerque, New Mexico, juin,1968 https://digitalrepository.unm.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1408&context=hist_etds

    [2] Manifest Destiny’s Underworld Filibustering in Antebellum America. Robert May. The University of North Carolina Press. 2002

    [3] OpenStax, U.S. History, chapitre 12.4, “The Filibuster and the Quest for New Slave States”
    https://openstax.org/books/us-history/pages/12-4-the-filibuster-and-the-quest-for-new-slave-states

    [4] The Southern Dream of a Caribbean Empire: 1854-1861. By Robert E. May. Athens, GA: University of Georgia Press, 1989.

    [5] Battle Cry of Freedom The Civil War Era. James M. McPherson. Oxford University.1988

    [6] Tycoon’s War: How Cornelius Vanderbilt Invaded a Country to Overthrow America’s Most Famous Military Adventurer. Stephen Dando-Collins, septembre, 2009

    [7] William Walker: The Filibuster Who Dreamed of a Slave Empire. Tucker Kolon
    HIS320W. Dr. Hardwick . November 2, 2020

    [8] The First Tycoon: The Epic Life of Cornelius Vanderbilt by T. J. Stiles ’91GSAS (Knopf).https://magazine.columbia.edu/article/book-review-first-tycoon

    [9] Foreign Intervention, 1850-68. https://countrystudies.us/nicaragua/8.htm

    [10] Filibusterer William Walker Seizes The Nation Of Nicaragua. https://roadtothecivilwar.org/chapter/filibusterer-william-walker-seizes-the-nation-of-nicaragua/#content

    [11]Franklin Pierce: Foreign Affairs. Jean H. Baker.https://millercenter.org/president/pierce/foreign-affairs

    [12]William Walker: The Filibuster Who Dreamed of a Slave Empire
    Tucker Kolon HIS320W Dr. Hardwick.

    [13] Filibustering to the Forefront of National Attention. Elliot Andrew Anderson. https://pubs.lib.uiowa.edu/iowa-historical-review/article/id/1641/download/pdf/

    [14] Empire’s Workshop Under a Flailing Empire. Hilary Goodfriend https://jacobin.com/2021/04/greg-grandin-empires-workshop-2021-edition-review-latin-america-us-policy/

    [15] The Fatal Environment: The Myth of the Frontier in the Age of Industrialization, 1800-1890. Richard Slotkin. Atheneum, 1985 

    [16] The 200-Year-Old Foreign Policy Vision Underlying Trump’s ‘Donroe Doctrine’ https://time.com/7343795/trump-venezuela-monroe-doctrine-history/

    [17] Trump’s threats on Greenland, Gaza, Ukraine and Panama revive old-school US imperialism of dominating other nations by force, after decades of nuclear deterrence.  20 février 2025,  https://theconversation.com/trumps-threats-on-greenland-gaza-ukraine-and-panama-revive-old-school-us-imperialism-of-dominating-other-nations-by-force-after-decades-of-nuclear-deterrence-249327